Centre d'Etudes Biologiques de Chizé : Faciliter la vie des agriculteurs et viticulteurs !

2020

Centre d’Etudes Biologiques de Chizé

Effectif : 47
Pays (siège social) : France
Site internet : http://www.cebc.cnrs.fr/
Contact :

405 Route de Prissé la Charrière
79360 Villiers-en-Bois
<b>Centre d'Etudes Biologiques de Chizé : Faciliter la vie des agriculteurs et viticulteurs !</b>

Contexte

L’agroécologie regroupe un ensemble de méthodes de productions agricoles respectueuses de l’environnement. Elle permet de renforcer l’autonomie des exploitations agricoles, notamment de réduire l’utilisation d’intrants de synthèse. L’agroécologie est une des réponses aux impasses techniques et défis sociétaux des productions agricoles françaises.

De fait, certaines publications scientifiques récentes suggèrent que l’exploitation des services écosystémiques (pollinisation par les insectes, protection des cultures par les auxiliaires naturels…) serait en mesure de remplacer les produits phytosanitaires.

LE CENTRE D’ETUDES BIOLOGIQUES DE CHIZE (CEBC), relevant du CNRS, est un laboratoire initialement spécialisé en écophysiologie des oiseaux polaires, qui s’est ouvert il y a une trentaine d’années à l’écologie des oiseaux tempérés puis, de fil en aiguille, à « l’agroécologie des territoires ».

objectif

  • Protéger les oiseaux et les insectes à travers les nouvelles pratiques agroécologiques.
  • Intégrer les agriculteurs dans les plans expérimentaux.
  • Transformer des pratiques bien ancrées, via une recherche-action.

 

Démarche

LE CENTRE D’ETUDES BIOLOGIQUES DE CHIZE s’est installé dans un ancien camp militaire de l’OTAN au cœur de la forêt domaniale de Chizé (département de la Vienne). Il est, à l’origine, spécialisé dans l’écophysiologie des oiseaux polaires et l’écologie des oiseaux tempérés puis finalement il est devenu le plus grand centre européen en agroécologie des territoires.

 

En ce qui concerne l’étude agroécologique : La zone d’étude est appelée Zone atelier plaine et val de Sèvres (ZAPVS). Elle s’étend sur 45 000 hectares. Les écologues du CEBC y travaillent en collaboration avec 450 agriculteurs indépendants. Ils ont, avec eux, signé un contrat de 5 ans. Les agriculteurs allouent une partie de leurs terres à l’étude de méthodes agroécologiques. L’utilisation des communautés d’espèces d’adventices (chiendent, liseron, chardon, ambroisie, mouron ou ravenelle) est un des points clés de ces méthodes. Ces plantes considérées comme nocives peuvent avoir un impact positif sur l’espèce cultivée à un moment donné du cycle de rotation de culture.  La démarche des scientifiques a également intégré les principaux polinisateurs (abeilles domestiques, bourdons, coléoptères, mouches et abeilles sauvages). Plusieurs résultats ont par exemple montré que la pollinisation des abeilles accroît davantage la rentabilité du colza que l’utilisation de pesticides.

 

Les chercheurs ont finalement réussi à montrer que cette agroécologie engendrait une marge brute de 15 % pour les agriculteurs.

 

En ce qui concerne le point de vue des agriculteurs : Le CEBC collabore avec 450 agriculteurs dont 8 % sont des femmes cheffes d’exploitation. Sur la ZAPVS, le sol ne retient pas l’eau, ce qui explique un rendement inférieur à celui des exploitations en Beauce par exemple. La taille des exploitations a augmenté depuis les années 90, à cause des départs à la retraite et des difficultés à s’installer pour les jeunes. Sur le terrain, la perception des agriculteurs est hétérogène. Environ 20 % sont en agriculture biologique, le reste est en conventionnel allant de l’intensif à l’agriculture sans labour. Au sujet des expérimentations du CEBC, beaucoup sont intéressés ou confiants, tandis que d’autres doutent de la durabilité de la méthode. Ces doutes sont issus des risques pris face à l’assurance de l’agrochimie contre certains aléas.

 

Facteur clé du succès

  • Intégration des agriculteurs dans les expériences sur le terrain.
  • Challenge double d’agriculture durable et de maintien de la biodiversité.

 

Contribution à la performance de l'entreprise

  • Travail avec 450 agriculteurs qui permet de comprendre les facteurs sociaux de la transition agroécologique.
  • Diversification des expériences avec un terrain de 450 000 hectares.
  • Centre de recherche affilié au CNRS, reconnu en Europe et ayant les financements nécessaires.

 

Bénéfices pour la filière

  • Baisse de coûts de production pour les agriculteurs (moins de produits phytosanitaires).
  • Compréhension des nouvelles démarches agroécologiques directement sur le terrain des agriculteurs.

 

 

Ce document a été réalisé par les membres d’AgroParisTech Service Etudes.